Moxie : Eight Days A Week
Posté le 08.12.2016
par Clément Bernard-Skalecki

Résidente historique de la radio londonienne NTS, gérante de label, DJ et organisatrice de soirées... Le planning de la britannique Moxie est aussi encombré que le tube londonien à une heure de pointe. Elle a tout de même trouvé un peu de temps pour échanger avec nous à l'occasion de sa venue pour sa résidence On Loop, et évoquer pêle-mêle Midland qui jouera à ses côtés, ses découvertes musicales du moment, le Brexit ou encore la réouverture de Fabric.

- Hi Moxie ! Comment gères-tu ta résidence qui a lieu dans 3 pays différents ?

Je me sens incroyablement chanceuse de pouvoir avoir ma soirée dans autant de clubs. Ils sont tous différents les uns par rapports aux autres, mais ils ont tous une vibe commune : un public qui n’hésite pas à danser en se lâchant. C’est quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps, donc c’est génial de voir tout ça se concrétiser cette année.

 

- Avec un planning aussi impressionnant, comment fais-tu pour combiner simultanément ton travail de curatrice sur NTS, tes dates en tant que DJ ou encore ton label On Loop ?

Pour être honnête, je trouve ça compliqué de rester hyper concentrée sur tout… les promos que je reçois sont quelque chose qui me prennent énormément de temps. Je suis toujours très reconnaissante du fait que les gens m’envoient de la musique nouvelle et j’essaye de faire un retour systématique, mais ce n’est pas toujours réalisable. Je suis quelqu’un d’ordonnée et je fais des millions de listes, ça m’aide à garder le sens des priorités… Il n’y a rien de mieux que les listes !

 

- Tu peux nous conseiller des artistes émergents que tu as découverts récemment ?

Il y a un artiste qui s’appelle Benedikt qui m’a envoyé ce track acid que je joue dans tous mes sets. Il y a aussi le producteur irlandais Or:la qui vient de sortir une release très solide sur Hot Flush, le label de Scuba. Le nouvel album de John Swing est aussi génial, et j’ai aussi un petit faible sur la prochaine release de mon label On Loop : C’est de l’artiste britannique Fold, ça sortira en janvier et j’ai vraiment hâte de le partager avec tout le monde.

- Le dernier épisode de ta résidence au Sucre (le 30 septembre dernier) s’est révélé assez épique. Comment as-tu vécu cette nuit ?

Clairement, cette soirée mérite d’être notée dans les annales ! On a eu des danseurs incroyables qui sont restés toute la nuit, et les choses sont devenues plutôt sauvages ! Le fait que le line-up soit exclusivement composé de filles a rendu la soirée vraiment spéciale, c’est quelque chose que je pousse à fond. Donc avoir The Black Madonna du Kentucky plus P errine de Lyon et moi de Londres, représentantes nos villes respectives, c’était vraiment cool !

 

- Que peux-tu nous dire de Midland qui va jouer avec toi le vendredi 9 décembre ?

Je le connais depuis beaucoup de temps et c’est vraiment l’un des meilleurs curateurs. C’est quelqu’un qui a une approche hyper sérieuse, un digger insatiable. Ses productions sont toujours très solides et quand j’ai commencé à organiser mes soirées, il était le premier nom sur la liste de tous les bookers. Pour résumer : c’est un tueur et il va retourner cette soirée !

 

- Nous avons récemment appris que le club Fabric allait ouvrir à nouveau, avec de nouvelles mesures très contraignantes. Quelle a été ta réaction quand l’info est sortie ?

Cette nouvelle est incroyable, j’étais tellement heureuse d’apprendre qu’on gardait ce club à Londres. Malheureusement, on peut craindre que les nouvelles mesures auxquelles ils doivent se soumettre vont un peu « tuer » la vibe, mais c’est difficile à dire avant la réouverture. Je pense que la chose la plus positive dans cette histoire a été de voir la mobilisation de toute la communauté musicale qui s’est battue pour quelque chose en quoi elle croyait vraiment. Si seulement notre gouvernement était capable de comprendre l’apport culturel de la vie nocturne… Que ce soit dans le dj booth ou dans le public, j’ai passé des soirées incroyables à Fabric. J’espère que l’essence de ce club, ce qui le rend si spécial, ne disparaîtra pas

 

- Avec le Brexit et la fermeture de nombreux clubs cette dernière décennie, es-tu inquiète quant au dynamisme de la créativité musicale au Royaume-Uni ?

Une fois encore, c’est difficile de prévoir ce qu’il se passera. Il est clair que le Brexit aura un impact sur la scène musicale, mais seulement le temps nous le dira. L’année 2016 a vraiment été bizarre, surréaliste et face à ça, j’essaye juste d’être positive pour ce qui va arriver. Sur une note plus légère, j’espère que la contribution de On Loop aidera les gens à oublier un peu tout ça et à continuer de faire la fête, même si c’est juste pour une nuit !