INFINE : AFFRANCHI A L'INFINI
Posté le 24.07.2014
par Julien Roche

A contre courant des écuries voisines, InFiné fait office de cavalier solitaire. Et s'il a pu se distinguer, c'est proprement parce qu'il n'est pas dans la course. Chez InFiné, on aime faire les choses avec temps et passion.

Infine

Sphinx  à trois tête, le label a été fondé par Alexandre Cazac, Sébastien Devaud (alias Agoria), et Yannick Matray. Le premier a fait ses armes chez Pias puis Warp. Le second est un dj Lyonnais plutôt bien connu. Le troisième avait mis le pied à l'étrier à l'Adami. Ce tiercé s'applique une devise : être sans cesse surpris. C'est aujourd'hui dans l'ADN même du label. Pour preuve : le catalogue impressionnant et éclectique de la maison : on y croise toutes nationalités, du classique, de la house ou de l'électronica. Certains noms vous paraitront d'ailleurs familiers : Tohu Bohu de Rone, Impermanence d' Agoria, Barlande de Pedro Soler et Gaspard Claus sont des signatures InFiné. Mais la maison est grande : ils sont près d'une quinzaine d'artistes, ce qui représente tout de même 57 EP et 27 albums. Mais n'allez pas parler de volume à ses dirigeants : le label fait - plutôt bien - face à la crise et n'hésite pas à réinjecter ses petits profits sur des projets plus confidentiels. Il n'a pas oublié ce qui crée l'identité même du label : le laboratoire. Pour mener à bien cela, l'équipe et les artistes se rejoignent chaque année au pied d'une carrière du Marais Poitevin. Le workshop InFiné n'est ni un festival, ni une réunion prolongée, c'est un moment singulier de communion créative. L'agneau partagé du midi fait place au bœuf improvisé du soir, les djs se laissent tenter par les instruments et le mélange opère, sous l'aura étoilé d'un ciel d'été. Naissent alors des histoires, des projets qui formeront peut être, qui sait l'avenir d'Infiné.

Tour de France. Vendredi 25 juillet : InFiné : Spitzer et Downliners Sekt

De leur propre avœu, les Downliners Sekt ne savent pas où ils vont. Et c'est temps mieux. Signature 2014 de la maison, ces deux catalans sont épris d'une grande liberté. Non formatés, ils rappellent pourtant à bien des égards le britannique Joy Orbison. Leurs compositions offrent de longues nappes synthétiques auxquelles viennent se greffer des rtyhmiques répétitives. Transpirant, pointu et hypnotique.

Chez les Spitzer, on aime également le détail et la finesse. Et c'est en qualité d'orfèvres qu 'ils produisent une techno raffinée, mélodique & organique, rappelant également leur passé plutôt rock (l'un était batteur, l'autre guitariste).