LA DISCO SELON VITALIC : "FROIDE ET SEXUELLE"
Posté le 15.12.2014
par Maxence Grugier

A l’occasion de la célébration des 100 ans de la Halle Tony Garnier, le Sucre organise un après-midi Roller Disco qui s’annonce mémorable. Principal invité, Pascal Arbez a.k.a. Vitalic, le fameux producteur français auteur des hymnes que sont « La Rock 01 », « Poney part 1 », « Poison Lips » ou « My Friend Dario ». Difficile de résister à la tentation de lui poser quelques questions à propos de son amour de la disco.

Vitalic - Roller Disco

Photo Franck Courtes

Pascal, ton quatrième album à paraître bientôt s’annonce « discoïde et expérimental » (je cite un confrère), tu participes à la Roller Disco qui fête les 100 ans de la Halle Tony Garnier, cela nous amène forcément à nous demander : quels sont tes liens avec la disco ?

Vitalic : En fait, j'en ai toujours beaucoup écouté. Gorgio Moroder, par exemple, n'a jamais disparu de ma discothèque. La disco que j'aime, ça n'est pas la face funky du genre, mais plutôt la face froide et un peu futuriste. Bizarrement, on peut dire que la house découle naturellement de la disco, mais j'y suis insensible.

Tes premiers titres, « La Rock 01 », « Poney part 2 », annoncent un peu ton amour de la disco même s’ils ne sont vraiment disco. Avec « Fade Away » et ses chœurs, ou « Poison Lips », « Your Disco Song », c’est pareil : tu es toujours au bord, finalement, dans une sorte de disco borderline, comme l’était ton premier label International Deejay Gigolo...

V : Oui, c’est vrai, même si je m'en approche très près à certains moments. Au départ, l'idée n'est pas de faire ce qui a été fait, mais de l'amener vers autre chose. Pour cela, j'utilise des techniques que j'ai recherchées, où je fais des mélanges entre les genres.

<object width="715" height="300" data="http://www.youtube.com/v/I2dfGC1oziE&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" type="application/x-shockwave-flash"> <param name="data" value="http://www.youtube.com/v/I2dfGC1oziE&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" /> <param name="wmode" value="window" /> <param name="allowFullScreen" value="true" /> <param name="src" value="http://www.youtube.com/v/I2dfGC1oziE&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" /> <param name="allowfullscreen" value="true" /> </object>

Daft Punk fut pour toi une grande révélation. Avant de les découvrir, tu écoutais quoi ?

V : De la techno allemande principalement. De la trance en fait. Mais ça a très vite tourné en rond et c’est vrai que les Daft ont amené un grand air frais vers 1995. J'écoutais aussi des choses un peu expérimentales mais toujours tournées vers le dance floor, comme Green Velvet.

Pour toi, ces sons retro-futuristes, le vocoder, les synthés, symbolisent-ils la disco ?

V : Le vocoder en fait vraiment partie, oui. Mais la disco, c'est aussi beaucoup dans le 'clap'. Dans les basses qui tournent et quelque chose à la fois aérien et inquiétant.

Ton fameux live, Vitalic VTLZR, avec tout ces lasers justement, c’est très disco aussi non ?

V : On pourrait dire quel le live précédent était plus disco via les miroirs à facettes que j’utilisais. VTLZR avait pour idée, via les rayons lasers, de mettre la lumière en volume, afin que le public se trouve dans le show lui même. La lumière ne s'y résume pas à un aplat comme c'est souvent le cas. A partir de là, on pouvait aller dans plein de couleurs différentes, soit disco mais aussi très rock.

La disco évoque avant tout la chair, la sueur, c’est très humain, très sexuel, parfois mélancolique, c’est cet aspect qui t’intéresse aussi dans la musique désormais, plus que la « techno » des origines ?

V : J'aime la techno mais pas celle à laquelle on pense en général. Elle doit être mentale et mélodique. La techno très rythmique ne m'intéresse plus parce que je crois qu'on a déjà tout dit dans ce domaine. La disco peut être sexuelle mais aussi très froide. Personnellement, je préfère cette option.

C’est cette orientation que prendra ton nouvel album en préparation ? Peux-tu nous en dire plus ?

V : Ce sera un album plus expérimental que le précédent. Je ne vais pas chercher à séduire le dancefloor à tout prix, même si cela reste dansant. Il sera effectivement disco, mais ce sera de la disco « accidentée ».