NOUVEL ALBUM DE BOTIBOL : DE LA PEINTURE SUR LES "MURS BLANCS"
Posté le 19.12.2014
par Lisa Burek

“Murs blancs” tâche, marque, frappe. Troisième album du groupe bordelais de Vincent Bestaven, sorti sur Animal Factory, ses mots dessinent l'hiver que les façades urbaines reflètent sans démesure. Botibol devient architecte, avec un certain sens de l'humour.

Botibol - Murs Blancs

Cité urbaine, musique hivernale et balade nocturne

Les premières pochettes d'albums de Botibol laissaient apparaître les traits fins d'un paysage montagnard coloré puis celui d'une étrange forêt juchée d'un masque chamanique. La nature y tient ses droits. « Murs blancs », lui, revient des espaces verts : l'architecture urbaine y prend place, subtile mais fière, avec ses mêmes lignes fines signés, encore une fois, Havec. Et c'est sans doute la clé de ce nouvel album : son architecture et le travail sur le bâtiment, le lieu, l'espace et, par extension, les souvenirs, la mémoire, le labyrinthe de la pensée. La ville s'étale, là, presque sans fin. Et Vincent Bestaven semble l'avoir pris de pleine face. Le morceau « White Walls » sera sans doute le plus à même d'illustrer cet état d'âme : perdu entre ses façades blanches, on se cherche, se retrouve, se perd. Et on essaye de trouver un quelconque sens à ce blanc un peu trop blanc et ces façades un peu trop lisses.

Les chansons s'enchaînent comme la visite d'une cité d'entre deux époques. L'écharpe remontée sur le bout du nez, on écoute « December » avec l'agréable sensation que le froid n'est qu'un leurre. D'un ton diurne plus léger (« Jerk ») à une balade plus nocturne (« Sharks »), Botibol ne change pas de recette par rapport à ces précédents albums ; mais semble ajouter, à chaque fois, cette touche particulière que l'expérience sensitive insuffle.

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Jerk, Animal Factory et des nanas à percuter

Signé sur Animal Factory pour ce troisième album, Vincent Bestaven et ses compères continuent d'écrire l'épopée de ce Botibol, nom inspiré à la base d'une nouvelle de Roald Dahl (« Mr.Botibol »). Comme un fil d'ariane, le récrit musical se déroule, sans artifice. Le label de Frédéric Vocanson ajoute donc une pépite à son catalogue. De Crane Angels à Petit Fantôme en passant par J.C Satan, ni plus ni moins, Animal Factory s'aggripe de la douceur énervée d'un rock-pop bordelais qui sait aussi plaisanter sur un clip/jeu vidéo où il faut, basically, percuter le plus de nanas possible. Léger sans être niais, hivernal sans être glacial, les chansons de Botibol trouveront sans doute refuge dans les oreilles averties, en quête de quelques BO subtiles pour accompagner les prochains voyages en train. Botibol ne donne pas dans la nouveauté absolue en terme de créativité. Mais, finalement, ce n'est pas le plus important ici, surtout quand les choses sont aussi bien faites.