GUILLAUME KOSMICKI ET LA SAGA DES MUSIQUES SAVANTES : DE L'ÉLECTRONIQUE À LA POP
Posté le 05.01.2015
par Maxence Grugier

Après "Musiques électroniques, des avant-gardes aux dancefloors" et "Free Party, une histoire, des histoires", le musicologue et conférencier Guillaume Kosmicki a repris du service en décembre pour un deuxième volet qui explore la saga des musiques savantes, de l'avant-garde électronique aux musiques improvisées, en passant par le minimalisme, les musiques aléatoires et autres expériences sonores inouïes.

Si dans "Musiques savantes, de Debussy au mur de Berlin", Guillaume Kosmicki s'attachait à décrypter l'évolution des musiques dites "d'avant-garde" du début du 20ième siècle, avec ce deuxième volume titré "Musiques savantes, de Ligeti a la fin de la guerre froide", le musicologue et essayiste se concentre sur le moment où les musiques savantes occidentales affrontent - ou s’ouvrent - au monde extérieur, font l'expérience du métissage et rencontrent, de manière souvent fructueuse, la pop music, le free jazz et les musiques électroniques (entre autres).

Avec ce second volume, Guillaume Kosmicki étudie minutieusement, point par point - et avec des exemples concrets (œuvres emblématiques a l'appui), les différentes écoles et étapes de l'histoire de musiques qui, pour être « savantes » n'en sont pas moins  inscrites dans l'histoire des musiques d'aujourd'hui, pionnières même parfois, de genre désormais assimilés aux musiques populaires : qu’il s’agisse de pop, de rock psychédélique, de jazz, de musique acousmatique, de techno ou d’electronica.

Des premières œuvres minimalistes de Terry Riley et Lamonte Young, aux musiques répétitives de Steve Reich (qui tous, de près ou de loin, furent précurseurs de la techno) en passant par les textures granuleuses de Morton Subotnick (compositeur du fameux "Silver Apples Of The Moon" qui propulsa les sons électroniques dans les charts dès 1967) et les constructions électroniques de Karlheinz Stockhausen, ou celle de "L'apocalypse de Jean" de Pierre Henry, sans oublier l’iconoclaste et futé "Uncle Meat" de Frank Zappa (mais aussi le "Sgt. Peppers Lonely Heart Club Band" des Beatles), c'est tout simplement l’éventail complet de l'héritage des musiques d'aujourd'hui qui transparaît en filigrane dans ce livre clair et synthétique, extrêmement bien écrit et parfaitement documenté.

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Au final, en plus d'être un tour de force (thématique ? synthétique ? historique ?) "Musiques savantes, de Ligeti à la fin de la guerre froide", s’avère également un vrai trésor et une mine d’infos pour les curieux et les amateurs de musiques actuelles désireux d'en savoir plus sur les évolutions qui précédèrent les musiques que nous écoutons. De fait, il est clair que Guillaume Kosmicki devrait être inscrit d'office au programme de toutes les facs de musicologie, ainsi qu’aux catalogues de tous les centres de documentation de l’hexagone, pas moins !

Guillaume Kosmicki, "Musiques savantes, de Ligeti a la fin de la guerre froide", éditions Le Mot et Le Reste