GHOST CULTURE, QUAND UN ROMANTIQUE TOUCHE AUX MACHINES
Posté le 19.01.2015
par Lisa Burek

Quand la robotique s'enlise dans la mélancolie, il naît un album que les synapses adulent. Ghost Culture, album éponyme de l'artiste, sorti sur le fameux label Phantasy, est définitivement la bande sonore du mois de l'Épiphanie.

Ghost Culture

D'un shop de disques à Erol Alkan

On connaît le mythe de l'artiste inconnu repéré au détour d'une trouvaille d'un grand producteur. Il aurait suffit d'un morceau bazardé sur soundcloud, « How» , il y a un peu plus d'un an, pour que le londonien Ghost Culture, alias James Greenwood, devienne la nouvelle ondine d'Erol Alkan et signe sur le label Phantasy. Mais cette histoire que beaucoup écrivent dans la presse musicale n'est pas aussi idyllique : c'est surtout à force de traîner dans le shop de disques de Daniel Avery, Pure Groove, que James Greenwood est présenté à Alkan. Et les choses se font. Pourquoi ? Parce que Ghost Culture sait conjuguer l'inconscient collectif à sa propre sensibilité.

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Une fille, un Korg Mono/Poly, une voix de crooner

10 morceaux, 10 souvenirs. Ghost Culture est de ces albums qui embarquent tout à chacun, des inspirations 80's de la cold wave new orderienne aux frasques d'un Matthew Dear créant Black City. Mais Ghost Culture, c'est aussi une voix. Muni de son synthétiseur Korg Mono/Poly, le crooner n'hésite pas à s'inspirer d'Elliot Smith, Nick Drake ou même Arthur Russell. En témoigne les berceuses – toutes proportions gardées – de « Glaciers » ou « Lying » : on voyage, on sourit bêtement de ces premiers amours. Et en parlant d'amour, James Greenwood a d'ailleurs avoué l'inspiration principale de cet album : une histoire d'amour, qui est venue, qui est passée, et qui a finalement marché.

We are the robots, he's not

Ghost Culture tient aussi sa réussite par la fausse légèreté de son écoute : accrocheur par sa poésie, délicat par ses compositions. Et si la scène berlinoise n'est pas loin, c'est bien de l'est de Londres que vient l'artiste. L'anglais n'a pas eu peur d'instiller de l'humain dans la machine, du lyrisme dans les beats, des nappes sensibles dans le rigueur métronomique. « Je déteste cette tendance des musiques électroniques à tout nettoyer, polir, perfectionner… Mon album, c’est une réaction à ces musiques cliniques, corrigées jusqu’à ne plus être humaines. » C'est ce qui a sans doute plu à Erol Alkan, capable de signer Connan Mockasin et Daniel Avery dans la même écurie. Le trait d'union est tiré. Les nuits de démence peuvent s'étaler jusqu'aux brouillard de l'aube. Finalement, on l'a trouvé, notre fève de janvier.