LA MVERTE : DARK DISCO A LA RED BULL MUSIC ACADEMY
Posté le 26.01.2015
par Maxence Grugier

Il est français, c’est un dandy, il porte bretelles et verres fumés (même la nuit !). C’est la Mverte, avec un « V » comme Vendetta ! Après Through The Circles, premier EP de post-disco electro analogique évoquant le meilleur de The Emperor Machine, Padded Cell et en général l’écurie de feu-DC Recordings (eux-mêmes fils de Carpenter et autres bizarreries giallo-mutant-disco-punk), La Mverte, alias Alexandre Berly, était à Tokyo pour la Red Bull Music Academy. On l’a interrogé sur son expérience là-bas, son prochain EP et son goût pour les clips surréalistes qui doivent autant à Luis Buñuel qu’à Andrew Weatherall !

La Mverte

Photo : Marie Athenais

Tu représentais la France à Tokyo, pour la Red Bull Music Academy. Quelles sont tes impressions ? Que s’est-il passé de marquant pour toi là-bas ?

Alexandre Berly : C’était une expérience intéressante et enrichissante, aussi bien humainement que techniquement. On n’a pas souvent l’occasion d’échanger avec des personnes qui viennent de tant de pays différents. A la base, il y avait 6200 candidatures de 114 pays. Au final il y avait soixante sélectionnés et une trentaine de pays représentés. C'est intéressant parce qu'on n’a pas forcément tous la même approche, ni les mêmes racines, même si étonnamment il y a une sorte de tronc commun qui s'est forgé avec Internet et l'accès globalisés à la musique et à l’information. De ce point de vue, c'était passionnant. Il y avait également des conférences. Je retiens particulièrement celle de Dave Smith, le fondateur de la firme Californienne Dave Smith Instruments, et celle du pionnier Japonais Isao Tomita. Le seul truc que j'aurais à reprocher, c'est l'aspect un peu trop biographique, et même autobiographique, de certaines présentations. Le côté « ma vie, mon œuvre », pour schématiser. On peut comprendre, ce sont des personnes importantes, mais j'aurais aimé un peu plus de workshops sur la musique à proprement parler.

Tu as donc pu travailler avec eux, échanger avec des personnalités des musiques électroniques ?

A.B : Oui, en effet, j’ai rencontré des gens qui ont marqué l'histoire, comme Michael Rother ou Kerri Chandler, et d'autres pionniers comme Tomita. C’est impressionnant et assez fort, évidemment.

Ta musique sonne plutôt vintage et rugueuse, elle a du grain. Tu travailles sur ordinateur ou avec de vrais synthés ?

A.B : J'utilise des machines. Je travaille sur de vrais synthétiseurs. Quand j'ai commencé à faire de la musique j'utilisais des synthétiseurs virtuels, mais c'était par manque de moyens. J'ai très vite arrêté parce qu'il y a tellement de possibilités et c'est vraiment chronophage. Quand tu travailles sur un son en particulier par exemple, et que tu veux vraiment le synthétiser, tu peux y passer des heures et des heures. À un moment, tu te demandes si tu ne fais pas plus de programmation que de musique. Aujourd’hui j'utilise aussi l'ordinateur mais plutôt comme un enregistreur, comme un studio. C'était assez amusant à Tokyo, parce que la plupart des gens faisaient de la musique exclusivement avec leurs ordinateurs, ou avec des samples et un ordinateur.

Et à la Red Bull Music Academy, tu travaillais comment ? Tu n’as pas pu emmener tes synthétiseurs j’imagine...

A.B : Non je n'ai pas pu emmener mes machines, mais il en avait quelques unes sur place du coup j'ai réussi à travailler là-bas. Je ne sais pas s’ils les ont loués, ou achetés, pour l'occasion. Il y en avait qui venaient bien évidemment de partenariats avec des marques comme Moog ou Roland. Roland présentait d'ailleurs sa dernière ligne RA avec laquelle ils ont fait une émulation de TR808 et de TB303. Pendant les deux jours où Dave Smith était là, ils ont fait un partenariat avec une marque qui s'appelle Electron. Ils ont aussi des partenariats avec Native Instruments, etc. Logiquement, ce sont des machines globalement plutôt récentes mais ça permet d’essayer plein de choses différentes.

Ton premier EP Through The Circles sortait l’an passé, que prépares-tu actuellement, un nouvel EP, un album ?

A.B : Il y a un deuxième EP qui arrive. Les morceaux sont finis, mixés et définitifs. Nous n’attendons plus que les remixes. Il devrait sortir fin mars, selon les impondérables. Ce qui m'occupe beaucoup actuellement, c'est le live. Il devrait être prêt pour le printemps. C'est un exercice que je n'ai encore jamais pratiqué en tant que « La Mverte », sauf une fois à la radio mais ça n'était vraiment pas sous le format que je souhaitais pour mon travail aujourd'hui. J’essaie donc de me donner les moyens de le monter dans la configuration que je souhaite, même si ce n'est pas forcément la plus simple (rire).

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Côté vidéo on se souvient de celle, très réussi du titre « Through The Circles », tu continueras dans la voie visuelle comme cela prochainement ? Y a-t-il des programmes autour des arts visuels à la RBMA ?

A.B : Non, nous n'avons pas trop parlé du côté visuel à la RBMA. On est resté concentré sur la musique. Concernant ce clip, c'est une esthétique qui me plaît et que j'affectionne beaucoup (le côté fantastique et dark). J'étais très content de cette vidéo. D'une part parce que c'était ma première, il y a donc une sorte de valeur affective, et en plus Jean-Baptiste Brégon, qui l’a réalisé, avait vraiment bien compris les idées, tout le côté cinématographique un peu série B, un peu désuet, avec du grain. Pour le second, il y a toujours ses idées en arrière plan, mais c'est peut-être un peu moins cinématographique. Ça s'inscrit plus dans la dynamique. En l'occurrence le morceau que l'on veut clipper ne sera pas diamétralement opposées, mais tout de même sensiblement différent du premier qui était plutôt basé sur une ambiance. Le rendu sera forcément différent. Vous verrez !