JD TWITCH (OPTIMO) : "NOUS AIMONS LA MUSIQUE... TOUTES LES MUSIQUES !"
Posté le 19.02.2015
par Maxence Grugier

Comme tous ceux qui, la trentaine passée, se passionnent toujours pour la musique, les écossais d'Optimo sont des maniaques. Vieux routards du DJing, ils cachent derrière une apparente décontraction un tempérament de party animals. Multitâches, les fondateurs des soirées Optimo (Espacio) sont à la fois DJs, producteurs, label managers et remixeurs. Rencontre avec JD Twitch, la moitié d’un duo érudit et pointu !

JD Twitch

Optimo : JD Twitch (à gauche) et JG Wilkes (à droite) © Neale Smith

On connaît l'histoire du pseudo Optimo, hommage au titre des New Yorkais de Liquid Liquid, mais peu savent comment vous vous êtes rencontrés et comment vous avez décidé de former le duo de DJs du même nom...

JD Twitch : J.G. Wilkes et moi nous somme connus au début des années 90. C'était durant les nuits au "Pure" (un des premiers et plus fameux club techno situé à Edinburgh, NDA). Keith (Wilkes) était résident là bas. C'est un an après, autour de 1995/96, que nous avons fait notre première soirée ensemble. Ce fut une sorte de "pré-Optimo". En 97, Keith m'a demandé de le rejoindre dans un club que nous fréquentions pour une soirée qu'il souhaitait intituler Optimo (Espacio). Nous avions les mêmes idées concernant ce lieu et comment nous pourrions en faire un endroit unique.

Et justement, ce club c'était le Sub Club. Peux-tu nous en parler ?

JD.T. : Quand nous avons commencé en 1997, nous y donnions des soirées hebdomadaires. En 2010 nous avons décidé d’arrêter car nous avions trop d’activités annexes : nous voyagions de plus en plus, nous avions le label à gérer, etc. Nous continuons notre activité en tant qu’Optimo et organisons toujours des soirées occasionnellement à Glasgow, mais nous nous gardons plus de temps pour réaliser nos autres projets.

En tant que producteurs, DJs et label managers vous soutenez toutes sortes de musiques : du dub au post-punk, de la techno au disco, du rock à la pop, ou aux musiques africaines et sud-américaines. Comment expliques-tu cette passion pour la musique qui régit vos vies à tous les deux ?

JD.T. : Je ne peux pas vraiment l’expliquer. Je suis tombé amoureux de la musique quand j’avais 12 ou 14 ans environ. Et depuis ça m’habite. J’ai toujours eu envie de tout écouter, vraiment tout ! Ce qui est impossible, bien sûr, parce que, même dans une vie entière, je ne pourrais pas le faire. Je n’ai jamais pu m’intéresser uniquement à un seul genre de musique. Par exemple, quand j’étais très jeune, la première musique qui m’a fasciné était le heavy rock ; mais même à ce moment là j’étais curieux de ce qui se faisait en pop, à côté. J’écoutais tout le temps la radio pour me tenir au courant. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert le dub et le reggae. Dans les années 90 en tant que DJ je ne mixais que de la house et de la techno. Et puis je me suis rendu compte que je pouvais aussi inclure les autres musiques que j’aimais. Pour moi c’est le boulot du DJ de se passionner pour toutes les musiques et de les partager. J’ai toujours ressenti l’urgence d’écouter toutes les musiques.

Vous réalisez beaucoup d’edits et de remixes, comment choisissez-vous les morceaux que vous retravaillez ?

JD.T. : Cela dépend. Parfois des groupes ou des labels viennent nous demander de retravailler un morceau, d’autres fois nous choisissons nous-mêmes. Dans ces cas là, c’est souvent un morceau que nous aimons bien et dont on se dit "avec quelques changement il marcherait bien sur un dancefloor, et il suffirait de quelques arrangements pour le passer dans un sound-system moderne". Le truc c’est de rendre le titre accrocheur pour qu’il puisse faire aussi danser tout en respectant l’ambiance et l’esprit de l’original.

<object width="715" height="300" data="http://www.youtube.com/v/ur3eUUketb0&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" type="application/x-shockwave-flash"> <param name="data" value="http://www.youtube.com/v/ur3eUUketb0&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" /> <param name="wmode" value="window" /> <param name="allowFullScreen" value="true" /> <param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ur3eUUketb0&amp;showsearch=0&amp;rel=0&amp;fs=1&amp;autoplay=0&amp;ap=%2526fmt%3D18" /> <param name="allowfullscreen" value="true" /> </object>

Et en ce qui concerne vos albums-mix, comment procédez-vous avec Wilkes ? Comment choisissez-vous les morceaux et leur agencement ?

JD.T. : Souvent nous essayons de penser à l’ensemble comme à un film. Sur Dark Was The Night par exemple, qui est notre dernier album-mix, nous avons imaginé un ensemble qui évoquerait une froide nuit d’hiver. L'album est sorti en plein été, mais c'est bizarrement ce que nous voulions évoquer (rire) ! Concrètement, nous réalisons une énorme liste de tout ce à quoi nous pensons et nous y compilons une foule de titres qui correspondent à ces idées. Ensuite nous réduisons cette liste en effectuant un choix drastique. Puis nous contactons les labels pour voir si nous pouvons obtenir les droits de jouer, mixer et utiliser ces morceaux. Ce qui participe souvent à réduire notre liste (rire) car nous ne pouvons jamais avoir tout ce que nous voulions au départ !

Vous nous préparez quoi comme mix pour le 20 février ?

JD.T. : Ça je ne peux pas te le dire ! Nous ne savons pas ce que nous allons passer 15 minutes avant de monter sur scène et de prendre les platines. C’est toujours une surprise, pour nous comme pour le public. Cela dépend de l’endroit où nous jouons, ce que nous ressentons dans ce lieu : si c’est froid, si c’est intimiste... C’est différent à chaque endroit où nous allons...

Un nouvel album-mix dans les tuyaux ?

JD.T. : Non, pas pour l’instant. Et puis tu sais, avec tout ce que l’on peut partager et écouter aujourd’hui en ligne, sur le net ou autre, il nous semble, à Wilkes et moi-même, que l’idée même de l'album-mix est devenue un peu obsolète. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus jamais d’album mixé d’Optimo. On en fera un si on nous le demande, mais ce ne sera pas de notre propre initiative. Pas pour l’instant en tout cas.

Optimo - Le Sucre