COPE, NOUVEL ALBUM DE LEE BANNON : DE L'ART DE BROUILLER LES PISTES
Posté le 25.02.2015
par Lisa Burek

On connaissait Lee Bannon pour sa noise avant qu'il ne bifurque dans le hip-hop et n'atterrisse ensuite dans la jungle/drum'n'bass. Avec son dernier bijou, Cope, l'énergumène semble asseoir sa nonchalance. Et on aime plutôt ça.

Lee Bannon

Lee Bannon est un ovni. Après son entrée sous les projecteurs comme producteur de Joey Bada$$ (Pro Era Instrumentals) et son précédent LP Alternate/Ending, signé sur Ninja Tune, le jeune type de Sacramento témoigne une nouvelle fois de son caractère : mettez-le dans une case, il fera tout pour en sortir. Tout ? Presque. Car si le jeune homme de 26 ans se balade d'un univers à l'autre, sa veine créatrice reste cohérente.

Le weird au coeur du processus

Cope est langoureux, placide, comme une manière d'annoncer le temps qui passe. Et ce temps qui passe, Lee lui a rendu la part belle. De ces premiers pas il y a environs cinq ans à aujourd'hui, les titres du californien se sont affûtés d'une certaine maturité. Fantastic Plastic, Main, Alternate/Endings, Caligula Theme Music... : les lourdes basses rencontraient alors l'influence 90's d'une rythmique syncopée, Machinedrum jubilait, Paul Woodford n'était pas loin. Maintenant, si cette rythmique reste une marque de fabrique, Lee Bannon débroussaille la matière, minimalise la composition pour mieux en extraire l'essentiel. Et son background musical y est sans doute pour quelque chose : Brian Eno, Aphex Twin, Death Grips, Dr. Dre, Wu-Tang... À 10 ans, le jeune loup voulait déjà être bizarre et faire sa propre musique, distiller un bout de sa personnalité. Un peu plus tard, sa rencontre avec Del Tha Funky Homosapien dans un skatepark lance sa carrière. Lee commence à être reconnu pour son travail, les collaborations s'empilent, Joey Bada$$ a le sourire aux lèvres.

« Soit je continue à faire du hip-hop et je suis stigmatisé comme tel, soit je change et je développe ma propre musique »

Mais pour comprendre un peu plus le personnage et sa musique, il faut savoir une chose : Cope est un album de l'intime. Comme il l'a fait avec Never/Mind/The/Darkness/Of/It, Bannon se livre, sans outre mesure. Il faut écouter les morceaux Impressions, Friends ou When We Are Sleeping du projet pour se rendre compte que l'artiste nous fait des confidences. Après avoir fait des productions pour les autres, l'américain s'est tourné vers lui-même. Mais rien n'est un hasard : Lee Bannon est un planificateur de l'extrême, un ambitieux, un téméraire. L'anecdote qu'il lance à RA en signifiant qu'il souhaite « faire plus qu'un album », comme, par exemple, « une installation au MoMA ou un film », le montre. Avec arrogance ? Peut-être. Avec talent ? Certainement.

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