FEMMES-ARTISTES À CONTRE-COURANT DANS LE MONDE ARABE
Posté le 27.02.2015
par Loïc Marszalek

Trop souvent représentées et trop peu représentatives (cf. M.I.A. et sa campagne provoc' aux amalgames faciles), les cultures arabes, et notamment leurs "bad girls", sont un sujet encore trop tabou dans les pays du Maghreb et du Machreq et mal-connu en occident. Non, ces femmes qui revendiquent leur féminité et osent s'exprimer ne chantent pas du R'n'B dans le désert au milieu de courses de voitures. Étonnant, non ?

Cheikha Rimitti

Cheikha Rimitti

"Déchire lacère/ Rimitti recoudra/ Faisons nos mamours sous les couvertures/ Galipette sur galipette je ferai à mon amour tout ce qu’il voudra". Telles étaient les paroles chantées par l'artiste algérienne Cheikha Rimitti, en 1954, sur une musique qui deviendra le raï traditionnel populaire. Célébrant la religion, l'amour et les valeurs morales lors de fêtes religieuses, mariages et circoncisions, feu-Rimitti, tout comme ses homologues masculins (Cheikh Khaldi ou Cheikh Hamada), chantait les interdits, l'alcool et les plaisirs de la chair, dans les souks et tavernes. Pourtant sainte patronne du raï dont on s'arrachait les cassettes et disques, Rimitti était, dans les années 1970, interdite de radio et de télévision dans son pays.

Première "bad girl" des cultures arabes à connaître un succès populaire, elle n'a pourtant pas été la première femme briseuse de tabou "dévoilée" à chanter et revendiquer sa liberté. Les premières traces de cette marginalisation féminine remontent au 8ème siècle, ère durant laquelle les "descendantes de Caïn", esclaves affranchies, exprimaient leur sensualité à travers la danse et la musique.

Ni la première, ni la dernière, Rimitti a permis, en complète contradiction avec les diktats imposés par la religion et le groupe familial, à de nombreuses artistes (Hadda Ouâkki, Kamilya Jubran…) d'accepter leur condition féminine et de l'exprimer, quitte à être considérées comme des femmes de mauvaise vie (même par leurs propres fans). Au-delà des revendications, c'est le principe de liberté expression qui est ici objet de lutte.

Une conférence pour remettre de l'ordre

C'est sur ces femmes que revient Jacqueline Caux, cinéaste et écrivain, au cours de sa conférence "Les "Bad Girls" des musiques arabes". Après la Gaité Lyrique et Nuits sonores Tanger, elle donnera son "Super Talk" (stand-up avec image et son) à la Maison de la Danse de Lyon le 03 mars. Un coup de pied dans le tabou, une mise en lumière nécessaire.

Les « bad girls » des musiques arabes - "Belles et révoltées, rebelles et survoltées" animé Jacqueline Caux à la Maison de la Danse - Mardi 03 mars 2015 19:00

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