LA DIRECTION : "C'EST ASSEZ RARE ET PRÉCIEUX DE SE RETROUVER DANS CE GENRE DE SITUATION"
Posté le 23.03.2015
par Loïc Marszalek

Nos rédacteurs en chef de la semaine, Elsa et Aurélien, forment le studio La Direction. Graphistes du Sucre depuis sa genèse, ils nous expliquent la mise en place de la charte graphique du lieu, leur processus créatif et partagent avec nous des visuels jamais sortis.

Pouvez vous présenter la Direction ?

La Direction, c’est un studio de graphisme. On est deux, Aurélien et Elsa, Pedro et Sylvie. On s’est rencontré à Lyon, on ne sais plus trop quand. En 2013, on a décidé de fusionner nos forces, pour envisager d’autres perspectives. Dans nos projets, on passe du livre au site internet, de la scénographie à la vidéo, mais le travail d’identité graphique est vraiment notre noyau dur.

Programme Été © Brice Robert - 2013

Quel est votre processus de création ? Est-ce que chacun a des tâches définies ? Une spécialité ?

Chaque projet sur lequel nous intervenons est réalisé en binôme. On discute, l’un de nous se met sur le projet, puis l’autre reprend jusqu’a ce que l’on pense tous les deux avoir la bonne solution. C’est aussi valable pour la musique au bureau : on a un mini jack pour deux. On est pour la parité, la démocratie et le ping-pong.

Signalétique mobile de la seconde édition du Start Festival © La Direction - 2014

Comment aborde-t-on le graphisme d’un lieu comme Le Sucre ?

L’équipe qui a monté le Sucre avait la volonté d’intégrer les graphistes dès la genèse du projet. Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, le projet était en pleine gestation, beaucoup de points étaient en pleine réflexion. Ça donnait des réunions super riches, avec les architectes, les programmateurs et la future équipe du Sucre. L’identité du lieu était en train de naître. C’est assez rare et précieux de se retrouver dans ce genre de situation.

Mise en place de la seconde édition du Start Festival © La Direction - 2014

Ces réunions nous ont servies de base pour définir les grandes lignes du cahier des charges. Il fallait que l'on parle au public du club, comme aux entreprises, et surtout que l'on propose quelque chose d'évolutif, car un lieux comme le Sucre est constamment en train de se réinventer.

Premiers supports de communications - Affiche 40x60

Pour la charte graphique, notre point de départ était l’élément principal qui permettait la synthèse de tous ces publics et de tous ces projets : le bâtiment. Nous avons suivi le travail des architectes de LFA (Looking For Architetures) sur le choix des matériaux qui font le bâtiment. On a une façade en lames de bois, une peau en tôle perforée, du béton industriel et des grilles de métal. Dans notre langage, ça voulait dire : trames de points, rayures, carreaux.

Mobilier saison 2013-2014 © La Direction

Pour la communication du lieu, nous nous sommes ensuite retrouvés avec énormément de contenu : beaucoup de choses à dire, un grande variété de publics et de programmes. Alors pour ne pas noyer les gens dans un flot d’informations, nous voulions trouver un moyen super simple de parler du lieu. L’idée était donc de faire parler Le Sucre, comme s’il avait une voix. Nous avons alors choisi de mettre en avant les mots, le langage, de tutoyer les gens, de faire des blagues, dans un jeu assez ludique que l’on peut retrouver sur les affiches, comme sur le mobilier ou la signalétique…

Signalétique pérenne du Sucre © Matthieu Deyspesse 2014

Avec des réalisations pour le Comœdia, Le Sucre, That Place, PALMA Soundsystem, vous faites partie des graphistes majeurs de la culture lyonnaise. Comment décririez-vous cette scène locale ?

Aurélien fait partie intégrante de PALMA, nous sommes donc naturellement proches des artistes et producteurs Lyonnais. C’est une scène riche et innovante, qui nous donne souvent l’occasion de réaliser des affiches, chose que l'on adore. Il y a d’ailleurs une réelle culture de l’affiche à Lyon ; nous pensons notamment à Felicité Landrivon, auteur des superbes affiches de Grrrnd Zero. Il y également des porteurs de projets ambitieux, comme les Dolus qui ont produit pour la 3ème année le festival Mirage, ou l’équipe de la radio LYL qui a une relation forte avec la scène locale. On peut également parler des éditions Mauvaises Foi, qui font un travail brillant, et qui ont notamment collaboré avec le label lyonnais Macadam Mambo. C’est une scène riche et transversale qui se nourrit des uns et des autres.

Il parait que vous avez pas mal d’anecdotes sur des visuels et affiches qui ne sont jamais sortis.

Oui, cela arrive souvent. Nous avons eu une période de recherches plutôt foisonnante au moment du lancement. Nous avons dû en abandonner certaines, par faute de temps ou de moyen. C’est la vie… Merci de nous donner l’occasion des les ressortir ( bon, ce sont des recherches, donc merci de votre indulgence) !