L'IMAGERIE POPULAIRE DE LA COULURE
Posté le 27.05.2015
par Lisa Burek

Des couleurs vives, de la gaité et de l'insouciance. En 1998, les artistes Reno Kidd et Dr Chips se rencontrent et commencent à graffer ensemble. Neuf ans de vadrouille plus tard, ils créent La Coulure.

La Coulure

Vous avez certainement aperçu ces fresques inspirées des bandes dessinées sur les murs de Lyon ou en Rhône-Alpes. Depuis 2007, le collectif d'artistes la Coulure laisse ses joyeuses marques sur les murs de la ville, un manière de « créer un pont entre le travail réalisé et son vécu au quotidien par les habitants », nous explique Reno Kidd, l'un des fondateurs.

Du graffiti à l'art de la peinture murale

Dans les années 80, la police de New-York fait face à un problème souterrain : les jeunes se mettent à prendre le contrôle de leur quartier en taguant les trains, les murs, partout, tout le temps. Il faut voir les gosses de Bushwick devant la caméra d'Henry Chalfant dans le documentaire Style Wars pour s'en convaincre, le graffiti est né de ce fuck off populaire, envoyé à la face de la conformité lisse du paysage urbain. Depuis, le street art s'est largement démocratisé, envoyant sous les projecteurs les idoles (dé)cagoulées qui crée avec leurs bombes de nouveaux visages urbains. Le collectif La Coulure en est un bel exemple : « On essaye, d'années en années, de développer notre univers. On sort un peu du graffiti classique pour se diriger vers quelque chose de plus illustratif, naïf et enfantin », nous explique Reno Kidd.

Des cartoons sur les murs

On se croirait devant les Barbapapa version moderne ou un dessin animé pour gosse, figé là, d'un seul coup. La grisaille du bitume en est presque oubliée. On voudrait tourner ces pages murales et lire la ville. La naïveté picturale apparente est alors à prendre avec bienveillance : elle est avant tout un outil d'inspiration. Les artistes la recherche, la travaille, l'exploite. C'est aussi un univers que les enfants comprennent : souvent en lien avec le public, la Coulure donne la chance aux jeunes de participer, assister à la réalisation des oeuvres, voir l'envers du décors.

La Coulure

L'oeuvre, le bitume, les habitants

Ce lien si particulier avec les habitants d'un quartier rend la touche Coulure identifiable : les oeuvres collent au médium mural et son utilisation visuelle. « La plupart du temps, on ne revoit jamais nos peintures. Mais les gens qui habitent à proximité passent devant tous les jours. C'est donc important d'établir un lien dès la création du visuel. Ça légitime la peinture et lui offre une meilleure acceptation de la part des voisins. On ne peint pas pour imposer notre visuel mais pour créer un pont entre ce que l'on fait et les gens qui vont en profiter. Cet échange est important. », nous raconte Reno Kidd.

La Coulure prévoit d'aller « de plus en plus loin, avec des projets à Tokyo notamment ». Ils seront le 28 juin au Mix City avec des artistes japonais.