MY THUD UNIT AREA : ZONE DE BRUIT PAS TEMPORAIRE
Posté le 29.05.2015
par Maxence Grugier

En opposition à la « Zone d’Autonomie Temporaire » - « TAZ » en VO - telle que l’envisageait le philosophe Hakim Bey dans les années 90/2000 (théorie fondatrice des raves rappelons le !) l’existence de forces vives invincibles de la techno à Lyon et ses environs n’a rien d’éphémère, elle ! Nouvelle exemple avec My Thud Unit Area, pseudo de Matthieu Reynaud que l’on pourrait traduire par « Zone de Bruit Unifié », qui fait vibrer la région Rhône-Alpes et n’est pas prêt de s’arrêter.

My Thud Unit Area

My Thud Unit Area à Nuits sonores 2015 ©Brice Robert

Ex-DJ et producteur actif, Matthieu Reynaud est une tête (d’affiche) de plus à ajouter au tableau de chasse d’une ville qui gronde depuis près de 20 ans au son de la techno, quelque soient ses formes et ses inspirations. Lyon ville techno ? Ça n’est plus à démontrer avec le nombre de disquaires spécialisés en activité, et le panel pas moins important de producteurs, DJ et amoureux du genre qui animent la ville. Ici il s’agit de My Thud Unit Area donc, un nom auquel il va falloir vous habituer. Un patronyme singulier pour un artiste qui ne l’est pas moins.

Réputé secret, aimant l’isolement et la solitude, c’est logiquement que Matthieu Reynaud aime à présenter son projet My Thud Unit Area dans des lieux inédits. Dernièrement, c’était dans un tunnel désaffecté, entre Fourvière et Loyasse (le mythique cimetière Lyonnais, équivalent Rhones-Alpins du Père Lachaise), que le bonhomme lâchait la bride de sa techno si particulière. Rendez-vous secret, ce live donné en toute intimité et uniquement dédié aux initiés ou aux amoureux de cette musique de l’âme et de l’esprit, présentait parfaitement les axes esthétiques et la philosophie de la musique du Lyonnais.

De la « techno grottesque », avec deux « T » comme dans « Matthieu », comme il aime à la présenter, même si, de notre côté, on dirait plutôt « ombrageuse ». Au point que l’on pourrait même sentir l’influence de l’occulte et de la magie noire (qui a pignon sur rue à Lyon) sur sa musique. Une techno dark donc, entre saturation et silence, froide et urbaine, mais contemplative aussi dans son pouvoir d’hypnose et de répétition, et futuriste évidemment ! Une musique qui se danse et qui s’écoute, fière de ses origines américaines, héritière également des pionniers allemands Basic Channel, Chain Reaction (décidément plus que jamais au goût du jour actuellement), qui ne déparerait pas aujourd’hui sur des labels expérimentaux comme L.I.E.S. ou Downwards (label de Regis, Surgeon et Oake).

Encore une référence à surveiller de près dans le vivier Lyonnais de l’underground techno dont on peut être fier.