ÉCHAPPÉE DANS L'UNDERGROUND BROOKLYNIEN : UNO RECORDS
Posté le 08.06.2015
par Lisa Burek

Le label UNO est sans doute aussi irrévérencieux que son jeu de cartes. +4, x2, change de sens, passe ton tour. C'est un peu ce que fait Charles Damga avec son label : pouvoir sortir le rap dérangé de Mykki Blanco après avoir signé du R&B hybride à la Arca ou du garage sous mescaline façon Kuhrye-oo.

UNO Records

“Getting lost in the maze is better than predictability”

Au coeur de Brooklyn, dans la fourmilière d'artistes et d'entrepôt retapés, le label UNO est un ovni. Peut-être parce que son jeune fondateur, Charles Damga, n'a pas quitté sa folie juvénile tout en construisant son expérience. En 2011, alors qu'il bosse pour les labels DFA Records et Rong Music, le jeune homme décide de faire partie lui aussi du cercle des instruits. Sa première sortie se fait l'écho d'une vision cavalière : un maxi 45 tours disco d'Eddie Mars, son ancien colocataire. Jusqu'ici, tout va bien.

"UNO, c'est un label de dance music"

Mais il fallu que Damga rencontre Daniel Fischer (alias DJ Physical Therapy) lors d'une soirée sur Brooklyn. Fischer passait alors un titre inconnu enregistré salement sur Youtube du Canadien Jacques Greene (qui fut, avec son EP Lay It Down, la deuxième sortie de UNO Records).

Dan Fischer présenta à Damga un certain Michael Quattelbaum Jr, transsexuel à ses heures, poète éhonté, écrivain trash. On le connait mieux à présent sous son nom de scène Mykki Blanco. UNO devient alors ce label weirdo qui enchaîne les sorties improbables. Mais Damga n'en découd pas : son label, « c'est de la dance music ». «Si tu sors un truc bizarre mais que tu peux quand même danser dessus, il y a de fortes chances pour que des gens l'écoute » raconte-t-il sur RA. De la dance music, ok. Mais pas de celle qu'on entendrait dans n'importe quels clubs. Les sorties d'UNO, elles s'écoutent et se vivent au Palisades dans le dirty Bushwick de Myrtle Ave ou sous les néons kitsch du Bossa Nova Civic Club. Des nuits new-yorkaises où les punks rencontrent les trans du quartier.

Culture junkie, du gospel au Koweit

Si Charles Damga peut trouver l'artiste qui mélangera du Gospel avec de la techno, c'est qu'il vient de cette génération de « culture junkies » comme il l'appelle. Cette génération qui joue avec les limites des genres, qui creusent la matière. UNO s'en fait l'écho. On peut alors écouter la techno d'Aquarian qui s'inspire d'Underground Resistance, Drexcyia et autres bizarrerie d'un Détroit 90's. On peut aussi se tourner vers la musique transgenre de Fatima Al Qadiri, sénégalaise qui a grandi au Koweit et qui habite maintenant NYC. Princesse underground, la Warhol de la bande. Difficile de prévoir la suite des évènements avec UNO. Mais si Charles Damga continue ses lignes de fuites, on devrait aisément trouver de quoi se rafraîchir. Et ça, fait fichtrement du bien.

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