ROYAL T, LE NOUVEAU KID DE LA SCÈNE GRIME
Posté le 08.07.2015
par Lisa Burek

Royal-T, c'est ce gamin d'une vingtaine d'années prêt à en découdre avec le grime, les clubs, et ses productions. On l'accueille au Sucre le 1er août. Saute à pieds joints dans le grime, tu ne seras pas déçu.

Royal T

Il était une fois à Southampton

Mark Taylor ne vient pas de Londres, Manchester ou Birmingham. Sa ville natale, c'est Southampton, à deux heures au sud de la capitale anglaise. Un paysage urbain perdu dans la campagne. « Pas grand chose à y faire », et pourtant. La ville connaît son lot de clubs et d'étudiants qui s'ennuient. Et l'ennui pousse parfois au wtf créatif. Royal-T s'est ainsi vu propulsé sur la scène grime, avec cette manie judicieuse d'y mélanger house sale et garage UK. Et il arrive sans doute au bon moment. La scène est jeune, fraîche, en pleine ébullition.

Du 8-bar à MIA

Ce n'est qu'au début des années 2000 qu'elle émerge dans le quartier de Bow (Londres). On l'appelait aussi 8-bar, Sublow ou Eskibeat. Les premiers artistes à avoir insufflé le mouvement ne vous sont pas inconnus : Dizzie Rascal, Kano, Willey... Et les plus grosses productions s'en inspirent mainteant (on pense à MIA l'irrévérencieuse, ou les déglingués de Foreign Beggars). Le grime est un filou sans pudeur : c'est surtout sur les radio pirates qu'il crache sa désinvolture et nourris les fidèles. L'une de ses radios, Rinse, a d'ailleurs été plus loin en créant son propre label de grime, Rinse Recordings, sur lequel le jeune dude avait signé un petit bijou d'EP « I Know You Want Me » en mai 2013.

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« Grime has never been something made to appeal to a mainstream audience »

Approché par l'artiste Blacks (figure dans le milieu, maintenant au sein du crew Ogs), avant d'être le petit protégé d'Elijah et Skilliam, Royal T se produit sur le label Butterz – fondé par Elijah et Skiliam en 2010, à présent co-géré par Royal T lui-même, Terror Danjah, Swindle et Dane Bradshaw. La grande famille. Mais ce qui plaît à Royal T, surtout, c'est ce « no limits » qui qualifie souvent la musique grime. En somme, c'est pouvoir faire des sons comme Gully Funk sans devoir répondre à des attentes que tels ou tels genres musicaux suggèrent. C'est aussi peut-être pour ça que le jeune homme confiait à Noisey en juin 2013 : « Le grime n'a jamais été fait pour attirer le grand public ». Les sonorités ne sont pas pré-mâchées pour répondre à une lecture lisse et facile de la musique. Il y a de la colère. De l'humour. De la démence.

Royal T