Cabanne (Concrete) : de la Seine à la Saône
Posté le 10.08.2016
par Clément Bernard-Skalecki

En prévision de la soirée d'anniversaire de Concrete vendredi prochain, Le Sucre a pu discuter avec l'un de ses résidents : Cabanne. Figure majeure de la House française depuis deux décennies, le DJ et producteur nous parle de son expérience de résident, de son enthousiasme par rapport au dynamisme de la scène française, sans oublier son amour pour la fameuse barge des bords de Seine...

Cabanne

Tu es résident à Concrete et au Club Der Visionnaire à Berlin, quelle spécificité cela représente-t-il pour un DJ, est-ce que tu te permets d'expérimenter davantage ?


Oui je pense qu’être résident te donne beaucoup de liberté mais ce sont deux exemples particuliers : le Club Der Visionaere est mon club préféré, j’y vais depuis 2002 donc 14 ans après j’y suis comme à la maison, j’y ai même fait un set de plus de 20h. Concrete ça va bientôt faire 5 ans et c’est aussi l’un des endroits où je préfère jouer actuellement, aussi bien sur le Woodfloor que dans la main room. L’énergie, le public, la technique, tout est parfait. Qui plus est, on a la meilleure équipe pour s’occuper des DJs sur la barge, franchement on est au top !


Si tu devais parler d'une soirée à la Concrete qui restera à jamais gravée dans ta mémoire...


Question piège ! Il y en a beaucoup qui sont gravés dans ma mémoire mais que j’ai quand même oublié… Donc je dirais pour n’en citer qu’une : la première fois où j’ai joue là bas, je suis venu pour un set de 3h mais j’ai joué 8h, ça s’appelait encore Twsted à l’époque et je crois que j’avais rencontré Brice [Coudert, programmateur de Concrete] à Kazantip un mois avant ou quelque chose comme ça. Epique!


Surprize, l'équipe derrière Concrete, va organiser un nouveau format inédit à Paris : la soirée Hors-Série qui aura lieu toute la nuit dans la gare Saint Lazare. Que représente pour toi la perspective de jouer dans ce lieu ?


J’ai hâte de voir comment ils vont transformer l’endroit… J’ai passé pas mal de temps ado a St Laz’. On fera un live avec Ben Vedren, Lowris, Pit Spector et Seuil, c’est un projet super motivant de jouer ensemble, on le prépare un peu mais il y aura une bonne part d’improvisation !


La scène lyonnaise et la scène parisienne ont toutes les deux connues un essor impressionnant ces dernières années. Grâce à elles, la France est revenue sur la carte de la musique électronique. Toi qui es également résident dans un club berlinois, comment vois-tu la scène française par rapport à celles d'autres pays comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, qu'est-ce qui la caractérise ?


Elle est en pleine mutation à mon avis, la scène électronique en France est plus jeune qu’en Allemagne ou en Angleterre et on a longtemps souffert  d’un complexe d’infériorité en partie à cause de ça, mais aujourd'hui entre autre grâce à des festivals tels que les Nuits Sonores et Weather ainsi que des clubs comme Concrete je crois que tout le monde commence à y croire et à réaliser que c’est aussi bien chez nous.


Pour finir, peux-tu nous citer un morceau représentatif de l'esthétique Concrete (et pourquoi) ?


Je ne suis pas certain que l’on puisse définir l’esthétique Concrete en un morceau, on est une dizaine de résidents, on joue des musiques qui vont de la deep house à la techno et les deux dancefloors permettent de s’y exprimer différemment… Du coup je dirai quand même Moodymann - I Can't Kick This Feeling When It Hits.